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Bilbao

Économie sociale et villes

Valeurs et compétitivité pour un développement local inclusif et durable

1-3 Octobre, 2018

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Économie sociale et Villes

Valeurs et compétitivité pour un développement
local inclusif et durable.

1. CO-CRÉATION DE POLITIQUES PUBLIQUES

La « co-création » peut être définie, à grands traits, comme un modèle d’élaboration et de (re)conception des services publics, auxquels participent différents types d’acteurs. Et pas seulement des acteurs publics, mais aussi des acteurs privés (utilisateurs de services, bénéficiaires indirects, etc.), qui transposent et partagent leurs expériences, capacités et ressources (connaissances, informations, etc.), afin d’améliorer conjointement les processus (délibératifs et décisionnels) et les résultats publics (services publics plus efficaces, performants et de qualité), tout en créant une plus grande valeur sociale (intégration et cohésion sociale).

À noter que, dans les processus collaboratifs, chaque citoyen/ne contribue et partage des valeurs et des ressources qui débouchent non seulement sur un résultat différent, mais créent aussi un environnement (espace public et relations de pouvoir) différent de celui de départ. De sorte que la co-création est également conçue comme un modèle de transformation sociale et d’apprentissage des valeurs démocratiques, étant donné qu’elle contribue à renforcer le sentiment d’appartenance et, par conséquent, l’implication et l’engagement moral dans la communauté ou le groupe.

1.1. STRATÉGIES DE COLLABORATION ENTRE GOUVERNEMENTS LOCAUX ET ACTEURS DE L’ÉCONOMIE SOCIALE

Les gouvernements locaux sont de plus en plus nombreux à jouer un rôle clé dans le développement durable et l’innovation politique, et les collaborations entre acteurs publics, privés et communautaires sont en train de changer. Au-delà de la relation traditionnelle financeur/bénéficiaire, des collaborations se développent entre acteurs publics et acteurs du territoire, à tous les stades des projets, pour:

  • Identifier les besoins du territoire.
  • Construire des solutions partagées.
  • Impliquer activement les habitants concernés.
  • Gérer les projets sur une base partagée.
  • Procéder à une évaluation participative.

Ces collaborations peuvent prendre différentes formes : gouvernance participative, co-construction de politiques publiques, partenariats publics-privés-communautaires, gestion partagée. Elles présentent des grands avantages, en permettant notamment la formation et l’autonomisation des habitants, ainsi qu’une plus grande appropriation et durabilité du projet.

1.2. ACHAT PUBLIC ET CLAUSES SOCIALES

Les marchés publics jouent un rôle très important dans l’économie. Au sein de l’Union européenne, les administrations publiques destinent plus d’un billion d’euros à l’achat de biens et de services, soit (selon différentes études) de 12% à 15% du Produit Intérieur Brut, environ 2.000 euros par habitant et par an (Lesmes, 2006).

Face à cette réalité, on attend des administrations publiques qu’elles utilisent leur capacité à influencer le marché pour se servir de la passation des marchés comme instrument de soutien à leurs politiques publiques de manière transversale. Or, à l’heure actuelle, les marchés publics continuent à se guider principalement sur des critères techniques et économiques, ainsi que sur les règles de libre concurrence et de publicité. Sans tenir suffisamment compte d’autres principes plus éthiques, sociaux et solidaires.

1.3. L’ÉCONOMIE SOCIALE DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES

L’intégration progressive de l’économie sociale dans de nombreuses politiques publiques a permis de reconnaître le rôle positif de ce secteur pour la réalisation des objectifs d’intérêt social. Cette capacité de l’économie sociale à générer des bénéfices collectifs n’a pas été ignorée par les gouvernements à différents niveaux (local, régional, national et supranational). Elle constitue, en effet, l’argument principal qui a légitimé l’implication des entreprises et des organisations de l’économie sociale dans un nombre croissant de politiques de nature différente, voire la construction de politiques publiques visant spécifiquement à promouvoir ce secteur social.

1.4. L’ÉCONOMIE SOCIALE DANS LA POLITIQUE COMMUNAUTAIRE

Au cours des trois dernières décennies, les différentes instances communautaires ont accordé une attention accrue à l’économie sociale, bien que de manière discontinue et inégale dans le temps selon les institutions, en reconnaissant progressivement le rôle de l’économie sociale pour le développement social et économique de l’Europe, en tant que pièce fondamentale du Modèle Social Européen.

Le souci des institutions communautaires d’impliquer l’économie sociale dans les politiques sociales et d’intégration sociale et professionnelle, ainsi que dans les politiques de développement local et de création d’emplois, est un pas en avant fondamental, mais qui témoigne cependant encore d’une conception étroite du potentiel et des propriétés qu’elle peut générer dans la société et l’économie européennes.

1.5. L’ÉCONOMIE SOCIALE DANS LES OBJECTIFS DE L’AGENDA DU DÉVELOPPEMENT DURABLE 2030

Les Nations Unies reconnaissent le rôle majeur des coopératives, des entreprises et des organisations de l’économie sociale dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030, en tant que partie intégrante du secteur privé. Au niveau mondial, les Nations Unies estiment que les coopératives comptent près d’un million de membres et génèrent 100 millions d’emplois, soit 20% de plus que les compagnies multinationales. Pour leur part, les mutuelles offrent une couverture santé et une protection sociale à 230 millions de personnes dans le monde. Les experts considèrent également que l’économie sociale contribue à la réalisation des ODD établis par les Nations Unies, en particulier de ceux liés à la croissance inclusive et durable, au plein emploi et au travail décent pour toutes les personnes, à l’industrialisation inclusive et à l’innovation. Des raisons qui permettent de considérer les organisations de l’économie sociale comme des acteurs clés pour la réalisation des ODD, ce qui implique la nécessité de favoriser proactivement ce secteur par:

  • La reconnaissance accrue du rôle des entreprises et des organisations de l’économie sociale dans le développement durable.
  • La promotion des connaissances sur l’économie sociale et la consolidation de ses réseaux.
  • Le soutien et la mise en place d’un environnement institutionnel et règlementaire favorable à l’économie sociale.
  • La coordination des efforts internationaux et la création et le renforcement des alliances visant à favoriser ce secteur.

1.6. COMPORTEMENT DE L’ÉCONOMIE SOCIALE DANS DES CONTEXTES CRITIQUES: CRISE ÉCONOMIQUE, CRISES INSTITUTIONNELLES

Les entreprises et organisations de l’économie sociale ont subi les effets de la crise et des mesures prises pour la combattre : perte d’emplois et d’entreprises, résultats commerciaux et développement des affaires durement touchés. Mais on constate aussi leur force et énorme capacité de réponse, par rapport au reste des entreprises et des acteurs économiques de nature strictement capitaliste.

En général, les entreprises et organisations de l’économie sociale ont maintenu l’emploi corporatif et leur qualité, ont surmonté avec une différence notable les taux de morbidité de l’ensemble du tissu économique et ont su maintenir la création de valeur ajoutée et de richesse. Les niveaux de restitution des emplois et des entreprises sont paradigmatiques. Dans certains cas spécifiques, comme au Pays Basque, il faut noter la force commerciale du groupe MONDRAGON qui, malgré les effets de la crise économique, qui a conduit à la faillite d’une de ses coopératives phares, a fait preuve d’une grande résilience en procédant à des relocalisations en un temps record, avec les moindres pertes possibles pour les personnes. Un autre exemple notable est le comportement d’un sous-secteur particulièrement sensible aux effets de la crise et essentiel pour le maintien de l’emploi et de la couverture sociale des personnes les plus défavorisées : les Centres Spéciaux d’Emploi (emploi protégé et dépendance).